A l'heure où la Municipalité de Bougival distribue dans nos boites aux lettres un "Bougival Infos" d'octobre qui présente un bilan lénifiant de la fiscalité locale à Bougival (en gros: tout va bien, la fiscalité locale est bien en dessous de la moyenne nationale, vous pouvez vous rendormir...), il est bon pour faire pièce, de présenter une analyse un peu plus critique de la situation.
Avant ça et juste pour le plaisir d'en rire, voici une phrase impayable tirée de ce dernier "Bougival Infos"; le type même de la phrase boursouflée qu'on pourrait penser fabriquée par un générateur automatique, qui ne dit strictement rien et ne veut surtout rien dire et qui par là même révèle cruellement la vacuité totale des propos de notre Maire, et je cite: "Toutes ces actions sont, bien entendu, menées avec le souci permanent de garantir le niveau de qualité des services offerts ainsi qu'un rythme élevé d'investissements sans augmenter le niveau de la dette".
La vie n'est-elle pas merveilleuse ? Si cela ne ressemble pas à la parabole de la multiplication des pains, c'est que tout mon catéchisme est à revoir !
Par contre, quels sont les projets réalisés, les investissements en cours ?? Mystère, en parler pourrait soulever débat, vous pensez bien que ce n'est pas le genre de la maison !
Vous pouvez aussi chercher attentivement sur le site de la ville de Bougival: rien de rien sur les projets, les investissements, le bilan des diverses commissions municipales... Opacité, vous avez dit opacité ? A moins qu'il ne s'agisse plus prosaïquement de masquer le vide ?
Alors, pour élever un peu le niveau d'information de nos concitoyens, nous vous proposons ci-dessous in extenso la déclaration commune des élus de "Bougival Ensemble" lue au dernier Conseil Municipal:

Ce n’est pas la première fois que notre histoire bégaie sur ce mandat. A deux reprises déjà le conseil municipal a été amené à revoter pour cause d’irrégularité des délibérations (subventions aux associations, vide grenier). Ce soir c’est pour une cause inédite, parce que le précédent délibéré - celui du 29 juin dernier 2006 - s’est déroulé en l’absence de quorum que le compte administratif 2005 doit de nouveau être mis en délibéré.
Même si ce n’est pas le fond de ce que nous devons examiner, je vous l’accorde volontiers, cette situation est évidemment déjà en elle-même porteuse de questions.
Mais plus lourdes encore, et plus concrètes sont les questions que nous posent votre action qui se traduit, ou plutôt se traduit si mal, dans les documents financiers de la collectivité et que nous avons à examiner, qu’il s’agissent des budgets ou des comptes.
Si nous allons voter contre le compte administratif de Madame le Maire, comme nous voterons ensuite contre le budget supplémentaire, permettez moi de vous en expliquer comme d’habitude les raisons, sachant que je n’interviendrai pas de nouveau tout à l’heure à propos du budget supplémentaire. Nos motifs de désapprouver l’un et l’autre des documents sont les mêmes, et ils sont liés à l’investissement.
Nous y voyons des coûts mal maîtrisés, des gaspillages redondants, une information déficiente, un suivi insuffisant, des options de financement contestables et surtout parfaitement illisibles. Et également de regrettables retards de réalisation quand ce n’est pas, à l’inverse, des décisions précipitées, le tout pour des opérations mal conçues.
De notre point de vue, à elle seule la politique d’investissement menée par le maire justifie qu’on ne puisse se rallier à aucun des budgets, pas plus qu’aux états d’exécution de ces budgets que sont les comptes administratifs, pour autant d’ailleurs qu’on puisse parler d’une politique d’investissement, tant l’improvisation est reine.
Si se déterminer au doigt mouillé peut se révéler sympathique lorsqu’il s’agit de choisir les couleurs de guirlandes de Noël, en matière d’investissement, alors qu’il s’agit de coûts en centaines de milliers d’euros, et que chaque décision prise et engage l’avenir et empêche de faire autre chose, votre propension aux improvisations permanentes n’est pas franchement rassurante. Elle témoigne d’une absence de vision parfaitement préoccupante pour la collectivité que nous représentons tous.
Les années précédentes nous avaient déjà tristement montré que vous étiez les champions de l’improvisation. Mais sur les exercices que nous considérons ce soir (2005 pour le compte administratif, 2006 pour le budget supplémentaire) cette propension désastreuse est de plus en plus marquée et atteint des sommets. Dans ces conditions, à l’approche du terme de votre mandat, et comme vos décisions semblent entièrement guidées par des considérations de courte vue, à quoi devons nous nous attendre en 2007 ?
Afin d’être juste, je distinguerai 3 catégories de projets.
D’une part les projets initiés par le prédécesseur du maire. Il laissait une situation tranquille (avait quand même été réussi le remodèlement du centre ville) et l’héritage plutôt confortable de projets ralliant l’adhésion, entièrement financés, et seulement à finaliser. Je pense à la crèche (financée grâce aux mesures Aubry) comme au tri sélectif (il s’agit là de fonctionnement mais son importance mérite aussi qu’on le cite). Bien qu’on se souvienne que leur mise au point finale ait été laborieuse, nous en apprécions tous désormais le bénéfice collectif.
D’autre part vous avez entièrement mis en œuvre plusieurs décisions qui s’imposaient à l’évidence à la collectivité et dont l’opportunité a dès lors trouvé, bien normalement, un large consensus.
- Les conseillers de Bougival Ensemble ont ainsi adhéré au projet de nouveau restaurant scolaire menacé de fermeture pour manque d’hygiène ; nous avons seulement regretté que sa réalisation soit devenue au fil des ans d’autant plus chère qu’elle se voyait repoussée.
- Par solidarité avec les conditions de travail difficiles que connaissaient les agents installés dans des locaux exigus, nous avons pragmatiquement adhéré, à l’acquisition des locaux pour l’extension de la mairie, bien que cet achat s’opère dans des conditions, si ce n’est obscures, au moins économiquement inintéressantes, puisque notre ville a finalement, sans doute au grand bonheur du promoteur, acquis plus cher un local ne trouvant pas preneur et auquel elle avait préalablement renoncé.
- Pour notre part c’est avec plaisir, et nous l’avons dit, que nous avons soutenu chacune des opérations pouvant permettre d’accroître un tout petit peu notre parc de logements sociaux. Nous regrettons néanmoins l’absence d’envergure, le manque de réflexion globale, et la faible volonté politique dont témoigne le fait de dimensionner de toutes petites opérations, avec pour seul calcul de réussir chaque année à échapper de justesse à l’amende de la loi SRU, tout en se parant de desseins bien plus vertueux.
- Enfin nous avons accompagné l’entretien lourd mais nécessaire des équipements collectifs vétustes, comme par exemple la toiture du gymnase, même si, ici ou là, nous avons pu en critiquer les conditions d’exécution.
Mais on ne peut oublier la dernière catégorie, c’est à dire tout ce qui relève d’opérations nouvelles. Les choix sont là beaucoup plus subjectifs, tant lorsqu’il s’agit d’en apprécier la nécessité collective, que la priorité à y donner, la programmation à en faire, la concertation à y apporter, ou le financement à choisir.
C’est bien évidemment dans cette catégorie que vous avez le maximum de latitude, et où pourrait donc s’épanouïr toute votre créativité et votre sens de la responsabilité. Comme par hasard c’est également là que les résultats sont à nos yeux les plus désespérants.
Il nous semble en effet, peut être hélas pour donner des gages que personne ne demandait à ce point, que vous ayez décidé que votre devise serait «plutôt n’importe quoi que rien du tout». Les exemples sont foison, mais je n’en citerai que les 3 plus emblématiques, et dont les documents financiers que nous avons à voter ce soir portent bien entendu les traces.
- Il y a le projet de salle omnisport sur l’île, qui en 2004, après de vains frais engagés, s’est trouvé impossible à réaliser pour cause de zone inondable, et transformé en projet de couvertures des tennis municipaux exploités par une association. Après tout, c’était toujours du sport, et vous espériez qu’une miraculeuse dérogation récompenserait votre obstination. Comme il n’en a rien été, la voilure a été revue à la baisse (réfection des seules surfaces) dans des conditions financières qui ne nous ont, sauf erreur, toujours pas été clairement précisées. Certes les adhérents de l’association sont peut être contents, mais ceci est un peu léger pour remplir la case correspondante du contrat départemental. De vos bricolages incessants les fonctionnaires départementaux qui suivent ces financements doivent soit s’échiner, soit rire beaucoup. Et vous allez d’aillleurs tout à l’heure devoir nous expliquer votre énième mouture, encore inverse, mais faut-il le préciser, de celle votée au précédent conseil…
- Encore plus frappant, la halle du marché annoncée dès 2002. Trois ans furent nécessaires dans le plus grand catimini pour réaliser une coûteuse et pompeuse étude de marché entre placier, rares clients et marchands, et notre premier adjoint spécialiste de l’ action économique, puis décider unilatéralement des plans. Quand dans la douleur le projet fut dévoilé en 2005, il est apparu dérisoire dans sa forme mais colossal par son coût, d’ailleurs régulièrement réévalué à la hausse depuis. Cerise sur le gâteau, quand en juin 2006, marché finalisé et prestataires choisis, il restait encore à commencer par le commencement, c'est-à-dire réaliser des études de sol….
- En dernier exemple, et pas le moins croustillant, à condition qu’on veuille bien en rire, en 2005 on décide de vendre les anciens ateliers municipaux de la rue Jomard. On sait pertinemment que la vente ne pourra au mieux être réalisée qu’en 2006, mais inscrire cette opération en 2005 permet alors d’équilibrer le budget supplémentaire en mal de recettes. L’affaire nous a été présentée comme opération à tiroir, le produit de la vente devant partiellement financer la réhabilitation du Centre Bouzemont, ce qui au départ tenait la route. Mais en 2005, et après cette décision - cherchons déjà l’erreur -, on paie une étude pour voir comment on peut faire. C’est finalement trop complexe, il est bien temps d’y penser, mais qu’à cela ne tienne, vous vous rabattez début 2006 sur une hypothèse de surélévation de la maison des aînés (elle-même déjà remaniées à 2 reprises successives depuis 4 ans sans que personne ne soit en mesure de connaître ni la teneur, ni les coûts globaux de ces ajouts et surajouts puisqu’ils ont figuré aux budgets successifs, comme la plupart des opérations réalisées, en reports, puis reports de reports, dont plus personne ne peut suivre la trace à moins de souhaiter y consacrer sa vie).
Enfin, toujours mieux et toujours plus vite, la girouette municipale continue son office puisqu’en 3 mois cette idée est abandonnée au profit de quelque chose d’encore plus farfelu. En juin 2006, comme un nouveau gag, on nous annonce qu’il est plus opportun d’acquérir pour 150 000 € la partie inconstructible d’une parcelle acquise par un promoteur sans doute trop heureux de pouvoir s’en débarrasser. Jouer au plus malin avec l’équipe municipale n’est peut être pas bien difficile, mais nous sommes priés de croire qu’il s’agit de l’affaire du siècle. En ce qui nous concerne nous croyons plutôt à une nouvelle et scabreuse aventure puisque pour une somme estimée à 500 000 € (encore une fois une vraie misère !) la municipalité prétend maintenant réussir à aménager en espace multimédia et extension de la bibliothèque un local inadapté, en mauvais état, rempli de contraintes, et dont nous apprenons alors qu’elle n’avait pas jugé utile d’acheter 6 mois avant.
Plutôt que ces folies, on aurait pu trouver judicieux de préempter la parcelle dans sa totalité, et de revendre la part constructible à un organisme social. Et puis aussi de sagement geler désormais tout projet de bibliothèque, du fait de la constitution de la communauté de communes au sein de laquelle une répartition harmonieuse des équipements collectifs devrait désormais être évidemment planifiée de concert. Ni l’une ni l’autre de ces alternatives ne semblent malheureusement avoir effleuré l’esprit de la municipalité, et notre ville va se trouver encore précipitée dans un coûteux et déraisonnable projet, et surtout au détriment de tant d’autres possibles…
Qui peut approuver ces calamiteuses virevoltes et ces choix désastreux mais lourds de conséquences ? Pas nous, c’est certain, et merci de m’avoir laissé vous expliquer un peu longuement pourquoi. Ces réflexions devraient pourtant être l’un des éléments d’un vrai débat.
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